Les classiques de la promenade
La cinquième promenade
Jean-Jacques Rousseau
De toutes les habitations où j’ai demeuré (et j’en ai eu de charmantes), aucune ne m’a rendu si véritablement heureux et ne m’a laissé de si tendres regrets que l’île de Saint-Pierre au milieu du lac de Bienne. Cette petite île qu’on appelle à Neufchâtel l’île de La Motte est bien peu connue, même en Suisse. Aucun voyageur, que je sache, n’en fait mention.
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La presqu'île
Julien GRACQ
Un texte qui passe la centaine de pages, un protagoniste qui n’est pas le narrateur, se déplace en voiture dans un rayon de plusieurs lieues, tue le temps avant un rendez-vous d’amour donné dès l’origine comme le motif même du récit, on est loin du canon d’un genre tel que paraissait le fixer le solitaire de la Cinquième promenade.
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Les côtés de Méséglise et de Guermantes
Marcel Proust
Aux Couets, dans le dortoir des premières, un mince livre bleu violet grand comme une main me conduisait au sommeil et à l’enchantement. Un petit classique Larousse comme la petite porte du jardin de tante Léonie ouvrant sur la rue des Perchamps m’avait fait rejoindre le côté de Guermantes après celui de Méséglise. Je passais rue de l’Oiseau, gagnais le mail entre les arbres, rejoignais la Vivonne.
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Le golfe du Morbihan
Jean de la Varende
Jean de La Varende (1887-1959), écrivain normand, avait pour grand-père un contre-amiral et pour aïeux moult hobereaux. Il aimait la mer et regrettait les rois. Comme ses romans, dont le fameux « Nez de cuir », ses chroniques se ressentent de sa passion et de sa mélancolie. Certaines, puissamment réactionnaires et colonialistes, sont détestables.
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Quimper dans les carnets
Julien Gracq
La miniature de Quimper, sur une page des Carnets du Grand Chemin (1992), a été peinte très probablement après le vaste panorama sur Nantes qui deviendra la Forme d’une ville (1985). Mais on a le sentiment que s’esquisse ici le genre de la promenade littéraire urbaine qui s’épanouira dans la grande œuvre. De 37 à 39, Gracq enseigne à Quimper, parcourt ses rues plusieurs fois par jour entre son hôtel et le lycée.
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Chambord chambardé
Gustave Flaubert
En 1847, Flaubert, qui vient de perdre son père et sa sœur, a 25 ans et le besoin de se changer les idées. Avec Maxime Du Camp son copain du même âge, il part sur les routes de l’ouest, sac au dos et souliers à clous. Des trajets en bateau, en diligence, en carriole sans doute mais beaucoup de marches dans la campagne et au bord de la mer bretonne. Et des carnets à remplir d’où sortira bien des années plus tard : « Par les Champs et par les Grèves ».
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Vers l'Île-Tudy
André Suarès
Marseillais d’ascendance juive et italienne, Suarès se rêvait breton. Le Livre de l’Émeraude qu’il publie en 1902 est une ode fervente à la Bretagne. Eaux fortes, huiles fauves ou impressionnistes, estampes japonaises, les peintures de paysage se succèdent au gré des marches dans le pays bigouden, coupées de portraits pris sur le vif : un pêcheur, une vieille paysanne, un vagabond, un hobereau...
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De Sizun au Yeun
François Ménez
Qui marche « où la terre finit » doit penser à François Ménez. Nul mieux que ce Breton sans doute n’a parlé de ce pays de grands rocs qui s’effondre dans l’océan au bout de ses landes. Entre Saint-Clet près de Guingamp dans les Côtes d’Armor où il naît en 1887, Quimper où il enseigne les lettres longtemps, Rennes où il meurt en 1945...
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villas à Noirmoutier
Octave Mirbeau
A 38 ans, l’auteur du Journal d’une femme de chambre n’est pas encore romancier. Il a publié articles, contes et nouvelles mais le texte du Calvaire, son premier roman, est encore à revoir. Octave Mirbeau a besoin pour cela du calme et de la douceur de la nature. On lui a vanté Noirmoutier. Il s’y rend avec Alice, sa future femme, à la fin de juillet 1886...
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Autour de Manosque
Jean Giono
En avril 1930, Giono a 35 ans. Il a déjà publié Colline, Un de Baumurges et prépare la sortie de Regain. Il vient de recevoir une commande de Jean-Louis Vaudoyer, directeur d’une collection intitulée : « Portraits de la France ». Il s’agit de monographies consacrées par des écrivains à leur ville ou à leur région d’origine.
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Landes de Loire
Maurice Genevoix
Ah ! Ma mémoire trouée ! D’une belle phrase de Genevoix à rythme ternaire où planait le « vol lourd de la chevêche » ne reste plus qu’un fragment. Elle venait d’une dictée rabâchée pourtant que j’avais entendue peut-être en cinquième et que j’avais reprise des années de suite, jeune prof de collège. Puis oubliée...
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Oléron Blême
Victor Hugo
Un texte vaut-il sans prétexte ? Doit-on avoir en soi quelque chose à dire pour donner valeur sûre à ce qu’on dit ? Vieux débat que la controverse sur le nouveau roman a naguère ranimé. Un vieux fond de romantisme chez moi a choisi. Et d’abord pour les promenades littéraires. Si elles ne sont pas la rencontre d’un lieu, d’un tempérament et d’une histoire, elles ont la vacuité du pittoresque, l’apprêt propret des dépliants pour touristes.
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Arles, Toulon, Marseille
Gustave Flaubert
Septembre 1840, Gustave Flaubert découvre Arles, Marseille, Toulon… Il vient d’avoir son bac et son père, riche chirurgien rouennais, lui a payé un beau voyage en compagnie d’amis de la famille. De notes au jour le jour, revues et augmentées après son retour à Rouen, naîtront ce Voyage dans les Pyrénées et en Corse à la publication posthume.
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Le château de là-bas
Joris-Karl Huysmans
Tiffauges dont le nom semble étouffer un ronflement d’enfer, c’est le château de
Là-bas
, celui de Gilles de Rais, celui de Barbe-bleue. La promenade ici est initiatique. Durtal, le double romanesque de Huysmans, met ses pas dans ceux de l’auteur d’
À rebours
en 1889 pour parcourir un chemin de cauchemar.
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