Les promenades d'aujourd'hui

extrait de Nantes Bang Bang

Stéphane Pajot
Des esquisses de paysages nantais aux couleurs de la Loire et de l’Erdre ouvrent une des nouvelles noires que Stéphane Pajot va faire paraître début septembre aux éditions d’Orbestier. Nantes Bang bang nous invite à quelques sombres promenades.

un château nocturne

Emmanuelle Lescaudron
Trois années amboisienne, Emmanuelle Lescaudron s'est souvenu du château pour encadrer son dernier polar. Elle nous y promène ici de nuit dans ses splendeurs et ses mystères…

la maman qui marche dans la mer

Sophie Vuillemin
« L’histoire entre nous n’est pas terminée », déclare Sophie Vuillemin dans un beau et douloureux titre. C’est l’absente qui parle ici à sa fille par delà la tombe, se remémore ses promenades de jeune mère sur les rivages de Quiberon. Un paysage s’esquisse en touches de couleur, en sensations tactiles aussi. Peinture du dehors et approche du dedans...

Pierres de Nantes

Marie-Hélène Prouteau
Le sous-titre : Suites nantaises de La ville aux maisons qui penchent dit bien l’aspect délié, syncopé, musical de ces balades tantôt folâtres, tantôt graves, dans cette ville quiète à l’histoire violente. Le jeu des verticales, des traverses, des obliques charpente un paysage à pans multiples où l’on se promène parfois avec le tournis comme sur le pont d’un navire...

Premier voyage à Saint-Maur

jean-louis Giovannoni
Plus qu’il voyage ou se promène, Jean-Louis Giovannoni à pied, à vélo ou en bus circule à Saint-Maur-des-fossés. Circuler, dit le Robert, c’est d’abord se mouvoir circulairement. Circonscrits dans une boucle de la Marne, ces Voyages à Saint-Maur « qui tournent autour du 23 avenue Jean-Jaurès où [elle] vivait dans un studio (fin des années 50, début des années 60) »...

escapade d'avril

Pierre Tanguy
La poésie limpide de Pierre Tanguy, au cours bref fluidement rythmé, appelle l’image du ruisseau. Celui qui fait entendre « un chant parmi les ombres » selon le beau titre du dernier recueil (1) cherchant dans les paysages du souvenir la présence du père mort ...

camina ! te rescaufaràs !

S. B.
L’allure du pèlerin n’est pas celle du promeneur mais la marche y fait naître pareille vacance de l’esprit, pareille descente en soi dans l’espace et le corps secoué, pareil choc à chaque singulière rencontre. Si la plupart des promenades que je consigne ici sont d’abord retour sur un lieu cher, cela ne va pas sans disposition de l’âme à la quête.

Balade en baie d'Audierne

Bernard Berrou
Il ne manque qu’une chose à Bernard Berrou qui fut l’ami de Gracq pour être le premier "promeneur d’aujourd’hui"… c’est d’aimer la promenade ! Ses aveux montrent au moins ses réserves : « La promenade, la balade ne me conviennent pas, épuisantes à force d’être trop lentes. Elles endorment et inoculent des pensées tristes. »(1) Réticent à se présenter comme promeneur donc, Berrou se revendique marcheur, adepte même de la marche sportive.

le long du lungomare

Sebastien Berlendis
Le demi-cercle du golfe de Gênes figure un trajet simple pour cette promenade au bord de mer, ce « Lungomare » qui vivevolte à l’italienne en montées de côte, escaliers tombant sur des plages, belvédères juchés sur des falaises… On va, vient, louvoie, se retourne, traverse des couloirs d’hôtel, surplombe des jardins fleuris, pénètre des chambres où les montants du lit ont la forme des vagues, sillonne en crawl ou brasse coulée des étendues de mer bleue.

Déambulation cantonaise

Florence Sand
Déambuler, c’est marcher sans but, dit le Robert. On pourrait voir dans la déambulation une cousine de la promenade qui est avant tout une marche de loisir. Mais, pour Florence Sand, l’éprouvante progression de la marcheuse ici, dans les rues de Canton en 2015, ressemblerait plutôt à une épopée infernale sous le soleil aveuglant, la chaleur suffocante, le vacarme des interminables klaxons et les regards hostiles des passants qui se pressent autour de l’étrangère.